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Here dry sentencious speeches , half asleep,
Prolong'd in lines, o'er many pages creep,
Nor ever show the passions well express'd ,
Nor raise like passions in another's breast.
Here flat narrations fair exploits debase
In measures void of ev'ry shining grace.
Ah, sacred verse replete with heav'nly flame,
Such cold endeavours would invade thy name!

PARNELL, on the styles of poetry.

Cependant si la rime n'est pas une difficulté, elle est un charme de plus dans les vers. Le lecteur, qui sait gré au poëte du plaisir inattendu

que une rime heureuse, devient plus indulgent. Il exige, au contraire, davantage

lui cause

*Là de froids et sententieux discours, à moitié endor

mis ,

en lignes prolongées, rampent dans plusieurs pages : jamais ils ne montrent des passions bien exprimées, jamais ils n'élèvent ces mêmes passions dans les cours. Là de plates narrations dégradent de beaux exploits dans des mesures vides de toutes grâces brillantes. Ah, vers sacré que remplit une céleste flamme , ces froides tentatives peuvent-elles usurper ton nom!

de celui qu'il croit avoir eu moins de peine à lui donner du plaisir.

Le goût pardonne à la poésie non rimée de s'être affranchie d'une loi , pourvu qu'elle observe plus fidellement toutes les autres. C'est là

que

la richesse des expressions, la beauté des pensées, la vivacité des peintures, l'harmonie du rythme, doivent se déployer dans tout leur éclat. Plus ce genre se rapproche de la prose , moins il doit être prosaïque : rien de faible , d'oiseux , de rampant n'y est toléré; rien n'y compense

la fraîcheur du coloris, la délicatesse des nuances ; tout doit être noble , élégant , ingénieux, animé ; tout doit peindre, vivre, parler ; et le poëte qui renonce à être rimeur, doit être poëte par excellence. Here all the passions , for their greater sway, In all the pow'r of words themselves

array.

* Là toutes les passions pour régner avec plus d'empire, doivent se revêtir de tout le pouvoir des mots.

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And hence the soft pathetic gently charms,
And hence the bolder fills the breast with arms.
Swift love in numbers finds a world of darts,
And with desirings wounds the tender hearts,
Fair hope displays its pinions to the wind,
And flutters in the lines, and lifts the mind.
Brisk joy with transports fills the rising strains,
Breaks in the notes, and bounds in ev'ry vein.
Stern courage, glitt'ring in the sparks of ire,
Inflames those lays that set the breast on fire.
By frightful accents fear produces fears;
By sad expression sorrow melts to tears.
And dire amaz’ment and despair are brought
By words of horror thro' the wilds of thought.

*Là le vers pathétique charme doucement, là le vers plus hardi excite aux armes. Le tendre amour y trouve tous ses traits, et ses desirs blessent les cours sensibles. L'aimable espérance déploie ses ailes aux vents, voltige sur les vers et entraine l'âme. La vive joie éclate dans les lignes élancées, anime la mesure et bondit dans nos veines. L'intrépide courage brille des étincelles de la colère, et le feu de ses chants embrase nos cours. Par des sons effrayans , la crainte produit des craintes ; par une expression triste, le chagrin dispose aux larmes. L'épouvante, le désespoir pénètrent, par l'horreur de leurs chants, dans les déserts de la pensées

"Tis thus tumultuous passions learn to roll; Thus, arm’d with poetry, they win the soul.*

PARNELL, on styles of poetry.

Peut-être paraîtrai-je trop hardi; mais, pour achever de donner une idée de la différence des deux poésies rimées, et non rimées, je vais essayer de traduire des deux manières le début du poëme des jardins de Delille:

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Le doux printems revient, et ranime à la fois
Les oiseaux, les zëphirs, et les fleurs , et ma voix.
Pour quel sujet nouveau dois-je montér ma lyre ?
Ah! lorsque d'un long deuil la terre enfin respire,
Dans les champs, dans les bois, sur les monts d'alentour,
Quand tout rit de bonheur, d'espérance et d'amour,
Qu'un autre ouvre aux grands noms les fastes de la gloire

;
Sur son char foudroyant qu'il place la victoire ;
Que la coupe d'Atrée ensanglante ses mains :
Flore a souri, ma voix va chanter les jardins.

DELILLB, les Jardins.

* Ainsi les passions tumultueuses apprennent à se déve

lopper; ainsi, armées de la poésie, elles triomphent et maîtrisent

l'âme.

IMITATION DU STYLE DE POPE.

The spring renew'd at once revives the plains ,
The birds, the flowers, the breezes and my strains;
For what new subject must I tempt new lays?
Ah! while long-mourning earth gay hues displays,
On hills and vales, on every shady grove
While nature laughs withjoy, with hope and love,
Let daring bards the mighty deeds rehearse
Of mighty kings who thunder in their verse;
Or bleeding cup to bloody Atreus bring,
The gardens'queen has smild and I the gardens sing,

IMITATION DU STYLE DE THOMSON.

Light-footed spring, on our long-mourning plains,
At once revives the flow'rs, the gales, the birds,
And my voice too. What theme shall now attune
My raptur'd lyre? ah , since her sable weeds
Earth now throws off, on hills, on vales, on groves,
Since all around, with joy and hope and love
In
gay

luxuriance smiles, let bolder bards,
In loftier flight, to mighty names the page
Of fame unroll, triomphant heroes place
On thundering car, or in th'ensanguin'd bowl
Drench Atreus' hands. See, Flora smiles, my muse
The gardens sings.

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